« Quand tu veux vraiment une chose, tout l'Univers conspire à faire en sorte que tu parviennes à l'obtenir » Paulo Coelho L'Alchimiste, 1994
Je n'ai jamais eu peur de la solitude. Il est vrai que parfois je me demande si je vais finir mes jours seule avec un chat, mais j'ai réussi à garder une certaine, sinon grande, confiance en la vie. Je peux paraître naïve, mais je crois vraiment que quelqu'un m'attend quelque part, et que mon chemin me mettra sur son chemin à lui. Qu'importe ce qu'on aura vécu chacun de notre côté, c'est forcément ce qu'il va se passer. Je crois au destin, je crois qu'on marche dans une direction pour une bonne raison. Je crois qu'on rencontre telle ou telle personne parce que c'est écrit. Je crois que chaque marche de l'escalier est importante pour notre cheminement personnel. Je crois par dessus tout que tu peux louper bien des marches dans la vie, il y aura forcément un retour d'ascenseur si tu restes une bonne personne pendant ton ascension. Dans le cas contraire, et que ce soit pour tes amis ou pour tes amours, si tu te comportes mal, alors la vie se chargera bien de toi. C'est écrit, c'est comme ça.
J'ai appris, au fil de mes histoires, belles et moches, que le temps est une oeuvre qu'on se doit de respecter. Par exemple, on l'a tous vécu, cette libération d'oublier quelqu'un qu'on a tant aimé. Un jour on le recroise et on ne ressens rien d'autre qu'une affection lointaine pour ce qu'on a été. Ça ne veut pas dire qu'il n'a pas existé, que l'amour entre nous n'était pas là, c'est juste qu'on a appris à vivre sans. Qu'on a forgé, construit d'autres choses par rapport à "l'échec". Ce n'est d'ailleurs pas tout à fait un échec, c'est une expérience. Quand on croit crever de chagrin, c'est pas vrai, en fait. La douleur et les larmes, les nuits blanches, les questions interminables, amènent forcément à des réponses. Plus tard. C'est pour ça que je dis que le temps est précieux à toute chose. On est juste des phœnixs, on est réduits en cendres pendant quelques temps. Puis on renaît, en plus beaux. Je trouve ça plutôt joli, d'un côté, même si je n'aime pas beaucoup avoir le cœur en miettes. Il n'en reste pas moins qu'aujourd'hui j'ai réussi grâce à ma collection d'échecs personnels, à collecter assez de forces et de courage pour continuer à avancer seule et à savoir que c'est ce que j'ai de mieux à faire. J'ai mis longtemps à savoir pardonner à ceux qui sont partis. Et à me pardonner à moi-même aussi d'avoir laissé s'envoler des choses. J'ai mis du temps à accepter le fait que ce n'était peut-être pas la bonne personne, et pas la bonne heure. C'est très compliqué de se pardonner d'avoir laissé filer des moments qu'on ne reverra jamais, des occasions qu'on a loupées, des choses qu'on voudrait revivre autrement. Puis un jour, on se dit qu'on se doit bien à nous même de laisser le passé là où il est.
La solitude, je la ressens aussi quand je pense à tous mes lambeaux, que je me demande quand est-ce que je vais pouvoir offrir ce que j'ai appris à quelqu'un. Je la ressens quand je crois fort en quelque chose qui s'écroule. La solitude c'est quand j'ai très envie d'être généreuse avec quelqu'un mais que je me dis "pas encore...".
Il faut juste du temps pour accepter qu'on mérite autre chose de mieux. Laisser le temps au temps pour se reconstruire après une guerre des cœurs piétinés, avec nos souvenirs en bandoulière.
Tu ne peux pas te battre contre les choses que tu ne maîtrises absolument pas. Il faut laisser partir et c'est souvent le plus compliqué à faire. Lâcher prise et accepter que l'autre puisse en faire autant. Rendre l'autre libre de pouvoir nous oublier, de continuer sa vie, laisser partir pour de bon. Et respirer, repartir avec soi-même, en se tenant par la main, en se disant que ça ira pour la suite. S'adapter à l'absence et à la frustration. Mais continuer quand même. Respirer chacun des sourires, continuer jusqu'au rire, continuer jusqu'à se pardonner. Continuer jusqu'à savoir qu'on continue pour soi-même et pas pour l'autre.
Je n'ai jamais eu peur d'être seule, parce que je préfère être seule le soir que seule avec quelqu'un. Je préfère être seule qu'être pleine de peurs, seule de ne pas trouver ce que je veux entendre en face.
Et, je l'ai dit, un jour, son chemin et le mien se reconnaîtront, alors je saurais que j'ai bien fait d'être un phoenix.
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