Rien ne succède à rien
À Genoux dans l’herbe nous irions.
L’herbe des mots.
Que dire.
A genoux dans l’herbe nous dirions.
Il y avait près du livre un couteau.
Pour couper les pages,
dans l’herbe nous lirions.
Et ce serait comme de s’étendre.
Sur les mots.
Que dire.
Nous serons aussi couchés sur un lit.
Un couteau un lit un livre.
Et de l’herbe coupante.
Etre chacun soi-même ensemble.
Avec ses mots.
Nous aurions essayé de reprendre au commencement.
Au commencement étaient un couteau, un lit un livre.
Et comme une beauté superflue qui nous séparait.
Le sentiment de ne rien atteindre.
Ni lire le livre.
Ni couper les pages.
Aller.
Des taches d’encre aux genoux.
Un couteau comme de la musique.
Nous aurions dû nous taire.
Tu as dit : je me serais tu.
Tu avais les yeux fragiles.
Comme un livre ou comme de l’herbe.
Que dire.
Je me serais tu.
Nous irions à genoux faucher l’herbe des mots.
Tu aurais pleuré sans dire pourquoi.
Souvent il s’agit de se raréfier.
Nous nous taisions dans la couleur.
Ni livre ni couteau.
La nuit vulnérable.
Mille présence aux yeux fermés.
Ne pas s’étendre.
Si je m’endors je suis perdue.
Florence Fauci
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