Fulgurance poétique Flot
Rien ne succède à rien
A genoux dans l'herbe nous irions.
L'herbe des mots. Que dire.
A genoux dans l'herbe nous dirions.
Il y avait près du livre un couteau. Pour couper les pages.
Dans l'herbe nous lirions.
Et ce serait comme de s'étendre.
Sur les mots. Que dire.
Nous serions aussi couchés sur un lit.
Un couteau un lit un livre.
Et de l'herbe coupante.
Etre chacun soi-même ensemble.
Avec ses mots.
Nous aurions essayé
de reprendre au commencement.
Au commencement étaient un couteau, un lit un livre.
Et comme une beauté superflue qui nous séparait.
Le sentiment
de ne rien atteindre.
Ni lire le livre. Ni couper les pages.
Aller. Des taches d'encre aux genoux.
Un couteau comme de la musique.
Nous aurions dû nous taire.
Tu as dit : je me serais tu.
Tu avais les yeux fragiles.
Comme un livre ou comme de l'herbe. Que dire.
Je me serais tu.
Nous irions à genoux faucher l'herbe des mots.
Tu aurais pleuré sans dire pourquoi.
Souvent il s'agit de se raréfier
Nous nous taisions dans la couleur
Ni livre ni couteau.
la nuit vulnérable.
Mille présence aux yeux fermés.
Ne pas s'étendre.
Si je m'endors je suis perdu.
Les morts ont-ils des souvenirs (?)
à la fin ;
marcher, comme une conjugaison de marcher et de dormir ;
écrire, hélas, comme une conjugaison d'écrire et d'aimer ;
la nuit part d'un grand rire muet
nulle place pour la couleur,
la toilette des morts
et l'aube inévitable
_
Pure chemin de solitude. Traverser ce silence.
Surtout le laisser intact.
Il s'agit de reconstruire au-delà.
Comme mur pierre à pierre. Livre page à page.
la nuit
Flot
Publicité
Partager cet article
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
/image%2F0399057%2F201301%2Fob_227f423eb6a2148182d62556da4a1fd2_img-1027.jpg)