Sonic Architecture Electric Rescue Bedrock Records Figure discrète mais essentielle de la scène techno française, Electric Rescue fait paraître son deuxième album, Sonic Architecture, édifice musical qui s’appuie sur un alliage subtilement percutant de minimalisme et d’hédonisme.
Dans un entretien publié sur le site du Rex Club – temple parisien de la techno dont il est l’un des plus vibrants piliers – Electric Rescue (Antoine Husson, de son petit nom) se décrit comme « un raveur qui est tombé nez à nez avec la musique électronique à la fin des années 80 et qui ne s’en est jamais remis ». Suite à ce choc initiatique, le jeune homme bascule de l’autre côté de la force… Devenu à son tour organisateur de raves, DJ et producteur, évoluant d’abord sous le pseudo D’Jedi avant de se rebaptiser Electric Rescue, il s’aguerrit lentement et apparaît aujourd’hui comme un activiste exemplaire de la scène française.
D’une ardeur inextinguible, sa passion l’amène non seulement à mixer et composer intensivement (il égrène avec une impeccable constance ses morceaux sur des labels tels que Traum Schallplatten, Cocoon ou BNR Trax) mais également à diriger ses propres structures, le label Calme Records de 1998 à 2005 puis le collectif/label Skryptöm fondé en 2006. Il est aussi l’initiateur des fameuses soirées PLAY organisées régulièrement à (ou près de) Paris, qui perpétuent l’esprit partageur et frondeur des raves de la première heure.
Bien qu’il puisse se prévaloir d’une déjà longue (r)expérience, Electric Rescue, peu enclin à jouer le jeu médiatique, reste encore relativement méconnu. Espérons de tout cœur que Sonic Architecture, son excellent nouvel album, permette à cet important homme de l’ombre d’accéder à un public plus large que le cercle des happy few. Edité par le label anglais Bedrock Records, sur lequel a paru en 2012 le Lili EP, Sonic Architecture permet de mesurer le chemin accompli depuis le premier album, El.Ue, sorti chez Scandium en 2005. En huit ans, la musique d’Electric Rescue s’est sensiblement épurée, gagnant en précision et concision sans rien perdre de sa force de déflagration.
Ce nouvel album contient 14 morceaux, pour une durée totale d’1h45, la quantité allant de pair avec la qualité. S’ouvrant avec « Dope », morceau réellement stupéfiant (l’un des tubes certifiés du garçon), l’ensemble – qui alterne morceaux telluriques (outre « Dope », citons notamment « Silky », « Lowd » ou le bien titré « The Rave Child ») et plages atmosphériques (teintées, pour certaines, de dub ou de trip-hop) – offre un parfait condensé de l’univers de son auteur. Dès le premier abord, il se distingue par son authenticité viscérale et son dépouillement maximal. Aucune concession à l’air du temps, pas la plus petite facilité ni la moindre trace de superflu : de la techno pure et dure, exigeante et excitante, mélodieuse et fiévreuse, qui sait se souvenir du passé pour mieux esquisser les contours du futur.
En concert dans le cadre du festival Astropolis, du 4 au 13 juillet à Brest.
En collaboration avec La Gaîté Lyrique.
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